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Le Guichet des occupations temporaires consolide son action

Rapport d’activités 2025

Le Guichet poursuit son accompagnement auprès de nombreux projets d’occupation temporaire. Fort de l’expérience accumulée, il a profité de l’année 2025 pour prendre du recul sur ses pratiques, engager une auto-évaluation de son action pour tenter d’en améliorer l’impact. Cette démarche a permis d’affiner les méthodes opérationnelles, de redéfinir les actions prioritaires, de s’engager dans des réflexions thématiques et d’adapter plus finement l’accompagnement aux réalités du terrain.

 

Une étude structurante pour consolider les politiques liées à l’occupation temporaire à Bruxelles

En 2025, le Guichet des occupations temporaires a piloté une étude consacrée aux modèles économiques et de gouvernance des projets d’occupation temporaire en Région bruxelloise, complétée par un benchmark de pratiques européennes. Dans ce cadre, les acteurs publics puis les opérateurs-gestionnaires d’occupation(s) temporaire(s) ont été invités à réagir à la stratégie de développement du Guichet lors d’ateliers qui se sont tenus en juin 2025. Les résultats de l’étude seront partagés prochainement.

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Chiffres clés

Catégorisation des demandes de 2025 par types d’activités

240 porteurs de projets ont indiqué rechercher un espace via notre formulaire cette année. Les demandeurs ont la possibilité de cocher plusieurs types d’activités lors du remplissage du formulaire ce qui explique que le nombre total de champs sélectionnés soit supérieur au nombre de demandes effectivement introduites. La catégorisation se base sur l’auto-déclaration des porteurs de projets lors de l’encodage des formulaires.

Les données recueillies en 2025 font clairement ressortir trois secteurs particulièrement demandeurs d’espaces :

  • les activités culturelles et festives ;
  • les activités productives créatives (notamment les ateliers d’artistes) ;
  • les services à la population (activités à vocation sociale).

À eux seuls, ces trois champs concentrent une part significative des types d’activités pour lesquels il peut être difficile de s’insérer dans le marché locatif traditionnel.

Par ailleurs, le secteur de l’hébergement d’urgence apparaît sous-représenté dans les données, celui-ci disposant de canaux de prospection et d’orientation spécifiques, en dehors du Guichet.

Près d’un tiers (75 demandeurs) avaient déjà été impliqués dans une occupation temporaire, ce qui confirme l’existence d’un véritable écosystème de l’occupation temporaire à Bruxelles, structuré et actif.

Cette récurrence interroge toutefois la question de la précarisation potentielle des occupants, certains projets s’inscrivant de manière répétée dans des dispositifs par nature éphémères, faute d’alternatives pérennes accessibles.

Dans le même temps, elle témoigne aussi du fait que l’occupation temporaire peut constituer, pour une partie des porteurs de projets, une opportunité réelle : accès à un espace, visibilité, phase de test ou de développement d’activités qui n’auraient autrement pas trouvé place dans le marché immobilier classique.

Un rôle de lien entre espaces vacants et porteurs de projets

En 2025, le Guichet a renforcé son rôle de point de connexion entre espaces vacants et porteurs de projets en recherche d’un lieu. Il s’est fait le relais de six appels à projets ou appels à manifestation d’intérêt, émanant de différents acteurs publics et privés.

Les porteurs de projets inscrits via le formulaire du Guichet reçoivent directement par e-mail les informations sur des espaces temporairement disponibles en Région bruxelloise, facilitant ainsi la rencontre entre l’offre et la demande et améliorant la visibilité des opportunités existantes.

Concrètement, le Guichet a intensifié son accompagnement auprès des propriétaires en fournissant des diagnostics territoriaux et des analyses de site afin d’identifier, en amont des projets, les potentialités des lieux vacants et de formuler des pistes programmatiques adaptées aux contextes urbains, aux besoins locaux et aux temporalités disponibles. Sur cette base, plusieurs propriétaires ont bénéficié de l’assistance du Guichet dans la définition de lignes directrices claires ainsi que dans la rédaction et le lancement d’appels à projets ou d’appels à manifestation d’intérêt.

Faire évoluer les cadres : réglementation et hébergement d’urgence

En 2025, le Guichet a renforcé son travail d’influence et de dialogue avec les administrations et instances compétentes afin de faire évoluer les cadres réglementaires et opérationnels liés à l’occupation temporaire.

Cadres réglementaires 

Les retours de terrain confirment que les principaux freins rencontrés par les projets d’occupation temporaire concernent les procédures de permis et les exigences réglementaires, qui gagneraient à être davantage adaptées aux temporalités et aux spécificités de ces projets. Un groupe de réflexion à ce sujet a été mis en place afin de favoriser une meilleure prise en compte des réalités du temporaire dans les procédures existantes.

Hébergement d’urgence

Par ailleurs, le Guichet a engagé un cercle de réflexion avec les acteurs publics de l’hébergement d’urgence. Si l’occupation temporaire ne constitue pas une réponse structurelle à la crise du logement en Région bruxelloise, elle s’impose néanmoins comme une solution mobilisée dans de nombreuses situations d’urgence, à travers des lieux d’hébergement temporaires. L’enjeu consiste à continuer à activer ces leviers lorsque cela est pertinent, tout en renforçant la coordination entre les instances actives dans ce domaine, afin d’optimiser les dispositifs existants.

Une participation active aux évènements sectoriels

Le Guichet développe et entretient un réseau en Région bruxelloise et à l’international. Les engagements poursuivis et la participation à différents évènements ont permis, aussi en 2025, de rencontrer d’autres acteurs et de nouveaux partenaires :

RESTART Camp (Basta ! Belgian Antimafia) : l’objectif de ce camp européen était de poser les bases d’une loi pour la réutilisation sociale des biens confisqués en Belgique. Les participants ont exploré lors des ateliers, débats et visites de terrain, comment l’engagement citoyen peut contribuer à la justice sociale et à la transformation urbaine, notamment à travers la réactivation d’espaces sous-utilisés.

Groupe de travail ICC (hub.brussels) : un groupe de travail consacré aux Industries Culturelles et Créatives, avec un focus particulier sur la question de leur localisation en Région bruxelloise. Les échanges ont mis en évidence un manque structurel d’espaces disponibles et adaptés pour ces activités. Dans ce contexte, l’occupation temporaire ne constitue pas une réponse structurelle à ces enjeux, mais apparaît comme une solution pragmatique, comme le confirment les données issues des demandes adressées au Guichet (cf. graphique ci-dessous).

Formation « Lutter contre le vide » (RBDH) : une journée dédiée à l’analyse de l’inoccupation en Région bruxelloise, combinant état des lieux chiffré, présentation des leviers institutionnels et échanges avec associations et collectifs pour identifier tous les moyens d’action disponibles.

Table-ronde de clôture de l’exposition « Caring for Space, Spaces for Caring : Reclaiming care and the city towards an ecological welfare » du Brussels Centre for Urban Studies (BRASS, Forest) : partage de notre expérience et échanges avec des acteurs bruxellois et européens sur la réappropriation et la valorisation des espaces vides en ville par des communautés diverses.

Participation à des consortiums européens : association pour des candidatures dans le cadre du New European Bauhaus. Même si nous ne savons pas encore si l’un d’entre elle sera retenue, nous croisons les doigts et espérons pouvoir poursuivre l’aventure avec ces partenaires associatifs et universitaires en 2026. Une belle occasion de renforcer notre engagement dans des initiatives innovantes à l’échelle européenne !

 

Focus sur trois projets

Le site des Dames Blanches (Woluwe-Saint-Pierre)

En septembre 2025, un nouveau projet d’occupation temporaire a été inauguré sur le site des Dames Blanches à Woluwe-Saint-Pierre. Porté par Le Début des Haricots et La Ferme d’Anjou, le projet La Vallée des Dames Blanches développe une série d’activités autour du maraîchage urbain, de l’apiculture, de la biodiversité et de la sensibilisation à l’alimentation, en lien étroit avec le quartier.

Issu d’un processus participatif et d’un appel à porteurs de projets lancé par le Guichet, le projet s’inscrit dans un cadre partenarial associant la commune, la SLRB, citydev.brussels et Bruxelles Environnement. La zone concernée est mise en occupation temporaire pour une durée minimale de 4 ans.

Avant-Senne (Anderlecht)

Le Guichet a suivi de près, avant ses débuts, le projet Avant-Senne, une occupation temporaire visant à verduriser le terrain de l’ancienne station-service de la rue des Vétérinaires à Anderlecht, en attente de la réalisation d’un grand parc public prévue à l’horizon 2028.

Porté par l’ASBL AuQuai, le projet transforme plus de 1 000 m² de friche minérale en un espace ouvert au quartier, intégrant plantations (dont des plantes comestibles), mobilier urbain et équipements légers. Des activités à destination des riverains y sont organisées en lien avec le tissu associatif local.

Bodies in Space (Berchem-Sainte-Agathe)

Ouverte en 2024, l’occupation temporaire Bodies in Space portée par l’ASBL Miauw a pris son rythme de croisière en 2025. Le projet développe un terrain de jeu culturel temporaire offrant aux artistes émergents et confirmés des espaces accessibles pour expérimenter, créer et collaborer.

Le site accueille à Berchem-Ste-Agathe des studios de résidence, des ateliers partagés et privés, des salles de répétition ainsi que des espaces de diffusion (club, salle de cinéma, showroom), répondant concrètement au manque d’espaces de travail pour les pratiques artistiques à Bruxelles.

Le Guichet a accompagné l’ASBL Miauw dans le montage du projet, en particulier sur les aspects juridiques et réglementaires (taxes, permis d’urbanisme), confirmant son rôle de facilitateur pour les occupations temporaires à vocation culturelle.

 

L’année 2025 marque une étape clé de consolidation pour le Guichet des occupations temporaires. En renforçant ses méthodes, en objectivant les réalités du terrain et en approfondissant le dialogue avec les acteurs publics et privés, le Guichet affirme progressivement son rôle dans la structuration de l’occupation temporaire en Région de Bruxelles-Capitale.